Prix Hans Platschek

Hans Platschek Prize
Remise de prix 2018 avec peintre Michael Kunze, lauréat du prix

Lauréate du prix 2019 : Monica Bonvicini

Jeudi 21 février, 17h, ARTIMA art Forum, dm-arena

Ce prix est décerné depuis plus de dix ans lors du salon art KARLSRUHE par la Fondation Hans-Platschek, du nom du peintre et écrivain mort en l’an 2000 qui fut un des principaux théoriciens et critiques d’art de la seconde moitié du XXe siècle.

Parmi les anciens lauréats de ce prix, citons notamment Jonathan Meese, Michael Kunze et Justin Almquist. Chaque année, les œuvres du lauréat sont exposées dans le hall 1 avec des œuvres de Platschek soigneusement sélectionnées. La remise du prix suscite toujours un très vif intérêt auprès du public.

Bettina Steinbrügge, directrice de la Kunstverein de Hambourg, a choisi cette année d’attribuer le prix à Monica Bonvicini.

Monica Bonvicini compte parmi les artistes contemporains les plus en vue. Son œuvre se compose de dessins, sculptures, installations, photos et vidéos. Accordant une place de choix au langage, elle aborde des sujets de société tels que l’architecture, le pouvoir, le rôle de l’homme et de la femme ou encore le contrôle étatique. Elle a déjà été présentée dans le cadre de plusieurs biennales et de nombreuses expositions individuelles et de groupe organisées dans le monde entier. Deux sculptures de l’artiste sont exposées en permanence dans le Queen Elizabeth Park de Londres et devant l’opéra d’Oslo situé dans le quartier de Bjørvika.
Durant l’édition 2019 du salon art KARLSRUHE, des œuvres de Monica Bonvicini seront mises en dialogue avec des œuvres de Hans Platschek sur le stand de la Fondation situé dans le Hall 1.

Interview

Karlheinz Schmid, auteur et directeur de la publication du magazine Kunstzeitung, parle de Hans Platschek

Karlheinz Schmid: Il avait le rare talent de savoir associer intellectualisme à sensualité. C’est ce qui caractérisait sa personnalité, ces deux forces étant comme des soupapes qui canalisaient sa pensée et son ressenti en public. Hans Platschek peignait ce qu’il ne pouvait ou ne voulait pas décrire. Inversement, il complétait toujours ses tableaux lorsqu’ils menaçaient d’être mal compris ou de ne pas exprimer totalement sa pensée. Il a maîtrisé cette interaction avec virtuosité jusqu’à la fin de sa vie.

Karlheinz Schmid: Il ne fait aucun doute que Platschek était suffisamment intelligent et compétent pour travailler de manière scientifique. Cela dit, il affectionnait particulièrement de renforcer la couleur de ses tableaux et dessins avec des mots. C’était à la fois un peintre et un homme de lettres. Il s’est intéressé à la peinture durant toute sa vie et n’a jamais hésité à cracher dans la soupe lorsque c’était nécessaire, par exemple en attaquant personnellement tel ou tel collègue dont il ne partageait pas le message pictural. C’était un polémiste comme il n’y en a eu guère dans le monde de l’art ces dernières décennies.

Karlheinz Schmid: Sa vraie bête noire était Joseph Beuys. Je n’oublierai jamais comment nous nous sommes chamaillés durant des nuits entières au début des années 1980, avant que Beuys ne meure prématurément alors qu’il était au faîte de sa gloire. Platschek formulait de manière élaborée ce que d’aucuns dans le public soupçonnaient, à savoir que Beuys était un charlatan. J’ai souvent pensé qu’il le faisait juste pour impressionner les garçons et les filles des quartiers branchés de Hambourg, mais combien de fois ai-je retrouvé ses critiques dans les journaux… C’était une époque très animée, on avait l’impression que l’art jouait son va-tout.

Karlheinz Schmid: Ce que je regrette, c’est ce grand artiste, cet ami qui était comme un père pour moi. Mais je me réjouis que, tous les ans à l’occasion du salon art KARLSRUHE, la Fondation Hans-Platschek de Hambourg puisse organiser une exposition et décerner un prix qui renvoient à l’œuvre, toujours d’actualité, de ce peintre et critique d’art.

Hans Platschek, le modèle

Le peintre et écrivain Hans Platschek, né à Berlin en 1923 et mort à Hambourg en l’an 2000, compte parmi les principaux artistes allemands de l’après-guerre. Comme nombre de ses collègues, il a tout d’abord privilégié l’art abstrait, principalement dans des tons sombres et terreux, avant de passer progressivement à l’art figuratif dès la fin des années 1950. Ce que certains de ses contemporains n’ont d’ailleurs pas hésité à qualifier de trahison. Inversement, divers livres et articles particulièrement iconoclastes (en particulier De la bêtise en peinture et De Dada au Smart Art) ont fait de Platschek un critique précurseur et combatif, dont les thèses osées ont été à l’origine de débats toujours très animés.

Anciens lauréats :

  • 2018 Michael Kunze, peintre | Sélectionné par : Dr Gregor Jansen, historien de l’art, journaliste et commissaire d’expositions
  • 2017 Jonathan Meese, peintre et artiste de performance | Sélectionné par : Florian Illies, historien de l’art et critique d’art
  • 2016 Justin Almquist, artiste américain | Sélectionné par : Matthias Mühling, directeur de la Städtische Galerie Lenbachhaus
  • 2015 Rikuo Ueda, artiste japonais (Osaka) | Sélectionné par : Sebastian Giesen, historien de l’art
  • 2014 Sandra Boeschenstein, artiste suisse (Zürich) | Sélectionnée par : Ulrike Groos, directrice du Kunstmuseum Stuttgart
  • 2013 GIOM (Guillaume Bruère), peintre, sculpteur, dessinateur et artiste de performance français | Sélectionné par : Robert Fleck, Kunstakademie Düsseldorf
  • 2012 Rolf Bier, peintre, écrivain et créateur d’objets artistiques | Sélectionné par : Ulrich Krempel, directeur du Sprengel Museum Hannover
  • 2011 Werner Büttner, auteur d’aphorismes et créateur d’œuvres picturales | Sélectionné par : Harald Falckenberg, collectionneur
  • 2010 Monika Grzymala, dessinatrice et créatrice d’installations en papier | Sélectionnée par : Axel Hecht, critique d’art et ancien rédacteur en chef du magazine Art
  • 2009 Friedrich Einhoff, peintre et dessinateur | Sélectionné par : Werner Hofmann, ancien directeur de la Hamburger Kunsthalle
  • 2008 F. W. Bernstein, dessinateur et auteur satirique | Sélectionné par : Manfred Eichel, ancien directeur d’aspekte

Le peintre Michael Kunze, lauréat du prix Hans-Platschek 2018

Le peintre Michael Kunze, lauréat du prix Hans-Platschek 2018
Le peintre Michael Kunze, lauréat du prix Hans-Platschek 2018
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